Moins de 2 € par « degré-hecto » pour la distillation d’un million et demi d’hectolitres de vins de table et 3 € pour le même volume d’AOC, c’est le prix accordé par la Commission européenne : Bruxelles joue clairement le jeu de la violence économique.

La Commission européenne connaît pourtant parfaitement les coûts de production des viticulteurs français et le passif des économies vigneronnes. Peu de volumes distillés à faibles prix, c’est faire le choix d’accompagner la restructuration en profondeur de la viticulture européenne.

L’accélération de cette restructuration est assurée par les encouragements des autorités publiques française et européenne aux importations de vins et moûts des pays tiers, par la régularisation des centaines de milliers d’hectares de plantations illégales en Europe et par l’incitation à augmenter la productivité des vignobles (irrigation, déplafonnement des rendements…).

Il devient de plus en plus évident que le puritanisme politique d’une fraction de l’Europe tente de rendre illégitime les aspirations à la vie des producteurs vignerons.

Au niveau français, l’annonce par le Ministre français de l’Agriculture d’un complément de distillation de 1 € par « degré -hecto » pour les vins de table et de 0.35 € pour les AOC ne règlera rien. D’autant moins que cette décision favorisera les viticulteurs ayant de gros rendements, au détriment des autres. Tout cela ne va pas du tout !

Le gouvernement français doit désormais dire le prix politique qu’il est prêt à payer pour défendre la viticulture française ou bien confirmer le sacrifice de 50 % des viticulteurs.

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