Les Verts condamnent le projet de loi sur la prévention de la délinquance présenté ce matin en Conseil des Ministres par Nicolas Sarkozy. Celui-ci s’inscrit dans une logique ultra-sécuritaire avec pour seul objectif le maintien de l’ordre, sans aucun souci de prévention ni de véritable accompagnement des victimes. La solution préconisée est toujours la même : la prison. Lutter contre les effets sans jamais s’attaquer aux causes sociales de la misère et de la violence.
Les Verts refusent la transformation, proposée dans le projet, du maire en shérif.
Un maire est élu pour impulser des politiques publiques, au contact des services et des professionnels, permettant notamment de venir en aide aux populations en difficulté.
Au sujet des mineurs, Les Verts considèrent qu’il convient de privilégier encore et toujours l’éducation et la justice. Contrairement aux idées reçues, l’ordonnance de 1945 ne favorise pas l’impunité et reste d’actualité : 80% des mineurs présentés une fois à la justice après un délit ne récidivent pas.
Les Verts récusent donc toutes les tentatives d’abaissement de l’âge de majorité pénale ainsi que les pseudo-recettes de l’enfermement et se refusent de laisser croire que l’apprentissage de la responsabilité peut se faire en milieux fermés (centres éducatifs fermés, établissements pénitentiaires pour mineurs).
Les Verts se battront pour l’abrogation de cette loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance ainsi que les articles concernant les mineurs dans les deux lois Perben sur la Justice, en cas de victoire de la gauche en 2007.
Les Verts souhaitent en revanche un plan d’urgence passant par la création de 10000 postes d’éducateurs pour la Protection Judiciaire de la Jeunesse, l’Aide Sociale à l’Enfance et  les Clubs de prévention. Par ailleurs, Les Verts veulent généraliser les Maisons de Justice et du Droit, encourager les médiations et les mesures de réparation, privilégier une police de proximité, développer des Maisons de Quartiers, fonder des Maisons des Parents, créer des Écoles de la deuxième chance, intégrer les classes-relais à part entière dans les collèges, instituer dans les programmes scolaires l’apprentissage de notions de Droit, former les enfants à la résolution non-violente. Par ailleurs, Les Verts veulent surtout que soient traitées des causes de l’exclusion qui alimentent la délinquance. Il s’agit donc de bâtir une société solidaire où tout le monde pourra trouver sa place, se sentir ainsi utile à la collectivité, et par conséquence protégera des dérives.
Les Verts rappellent enfin que ce projet de loi est fortement condamné par la majorité des acteurs concernés, juges des enfants et travailleurs sociaux.
Sergio Coronado
Porte-parole