Autour de Djura et Cherif Kheddam ,le doyen de la chanson kabyle, des artistes reprendront les chansons de Matoub Lounès dans le cadre d’un hommage le dimanche 28 juin 2009 à 17h00 au Zenith de Paris

Ce spectacle se veut un message d’espoir et d’amitié qui rassemblera toutes les communautés pour leur faire découvrir un artiste symbole de la diversité culturelle.

«Mais la paix renaîtra un jour et mes chants parmi vous célébreront à nouveau le printemps si cher à nos coeurs…». L’auteur de ses lignes s’appelait Matoub Lounès, star de la chanson kabyle et héros de sa région natale. C’était un partisan de la laïcité et de la démocratie qui s’est fait le porte-parole des femmes et des laissés pour compte. Matoub Lounès faisait partie de ces « maquisards de la chanson berbère », comme les avait baptisés Kateb Yacine. Ses chansons portaient un message d’espoir pour un avenir meilleur et une meilleure reconnaissance du peuple berbère et kabyle en particulier.
Matoub Lounès est né en 1956 et a grandi en Kabylie, région des « Imazighen » (hommes libres). L’autodidacte Matoub se fabrique une guitare et devient populaire grâce à des poèmes puisés dans le patrimoine historique. C’est une chanson dédiée aux femmes kabyles, « Ahaya Thilawin » (Allez les femmes) qui le lancera et fera de lui le porte parole de tous les opprimés.

Matoub Lounès était un rassembleur, un leader. Il pouvait réunir autour de lui des milliers de femmes et d’hommes de Kabylie mais aussi de Paris, Marseille, Montréal ou Barcelone. Il soulevait des foules et beaucoup se reconnaissaient dans ses chansons qui racontaient les joies, les malheurs mais aussi les espoirs d’un peuple qui voulait être libre. Il savait trouver les mots justes pour rassembler et que tous aillent main dans la main défendre une cause commune avec pour seul arme des mots.

Les Kabyles représentent la plus grosse communauté étrangère de France, principalement établie à Paris et en région parisienne. Ils sont aussi la plus grande communauté française d’origine étrangère. Cela résulte de la première grande vague d’immigration débutant dans les années 1930, époque où les grandes sociétés françaises envoyaient leurs recruteurs dans les villages reculés de Kabylie, mais aussi à la conjoncture dans l’Algérie d’aujourd’hui. Isabelle Adjani, Dany Boon, Zinedine Zidane, Jacques Villeret, Smaïn, Rachid Arhab, Fadela Amara, Sinik, Rim’K, Kenza Farah, Assia, Idir, Sheryfa Luna, Taos Amrouche, Edith Piaf, Fellag, Mouloudji, Assia Djebar, Ali Mecili, Tahar Djaout, Karim Kacel, Kateb Yacine et beaucoup d’autres personnalités  sont issus de cette communauté qui s’est toujours impliquée dans la vie citoyenne partout où elle s’est installée.

Djura, l’égérie qui a révolutionné la world music avec sa touche berbère inégalée, sera la maîtresse de cérémonie. L’artiste, engagée dans le mieux-vivre ensemble, connaît bien cette communauté dont elle est issue. Elle souhaite transmettre aux nouvelles générations son expérience et son dynamisme et soutenir tous ceux qui oeuvrent pour le dialogue interculturel .
Djura est aussi la créatrice de l’Opéra des cités, projet en faveur des jeunes et femmes des quartiers sensibles mêlant le chant, la danse, les musiques du monde, et le théâtre ainsi que la mode et les arts plastiques . Avec des amateurs, des associations et la collaboration de professionnels, Djura crée une oeuvre artistique dans chacune des villes étapes  tel Nanterre, Marseille et bientôt Dijon et Sarcelles. A Paris, le projet deviendra « les Cités à l’Opéra » et rassemblera les meilleurs talents des villes étapes.

Ce spectacle sera une création artistique placée sous le signe de la diversité, de la mixité et des nouveaux talents.

« Une culture figée et repliée sur elle-même est inexorablement vouée à mourir. Elle doit s’adapter au monde qui l’entoure en s’inscrivant dans une dynamique d’échange favorisant le dialogue entre communautés. Une dynamique créatrice et génératrice d’espoir pour les générations futures ».