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Site :
http://www.cnrs.fr/
Description de l'agence de presse (ou de l'organisme) :
Dimanche, 4 juin 2006

Recruter de nouveaux neurones pour favoriser la mémoire

La formation et la conservation des souvenirs dans le cerveau reposent sur l’extraordinaire capacité de plasticité du système nerveux : modifications durables de la force des synapses, connexions entre neurones, ainsi qu’un remodelage fonctionnel et structural des réseaux neuronaux activés lors de l’apprentissage. Les recherches menées depuis une vingtaine d’années montrent qu’une forme particulièrement durable et robuste de plasticité synaptique joue un rôle clé dans les mécanismes de l’apprentissage et de la mémoire. Il s’agit de la potentialisation à long terme (LTP) qui consiste en une augmentation importante et durable de l’efficacité synaptique lors de la mise en mémoire d’un souvenir. Outre la croissance des nouvelles synapses, et des modifications de leur forme et de leur taille, on sait aujourd’hui que, contrairement au dogme longtemps admis, le cerveau continue de produire des nouveaux neurones à l’âge adulte. C’est notamment le cas dans l’hippocampe, une structure fortement impliquée dans l’apprentissage et la mémoire. Dans le gyrus denté, structure de l’hippocampe impliquée dans les phénomènes d’apprentissage, cette neurogenèse persistante abouti à la naissance de plusieurs milliers de nouveaux neurones par jour. Une minorité de ces nouvelles cellules, produites à partir d’une population de cellules progénitrices, survivra pour se différencier principalement en neurones qui maturent progressivement et sont fonctionnellement intégrés aux réseaux de neurones existants. La naissance de nouveaux neurones fonctionnels augmente fortement après l’apprentissage et, inversement, le blocage expérimental de la neurogenèse chez l’animal s’accompagne de déficits dans certains apprentissages.

 

L’équipe de Serge Laroche, du laboratoire de neurobiologie de l’apprentissage, de la mémoire et de la communication (CNRS, Université Paris Sud), qui avait déjà clairement montré le rôle de l’accroissement de la neurogenèse dans les phénomènes de mémoire, étudie aujourd’hui les relations entre la plasticité synaptique et la neurogenèse. Dans une étude paraissant dans The Journal of Neuroscience, ils montrent que l’induction artificielle d’une plasticité synaptique dans le gyrus denté chez le rat adulte entraîne à la fois un accroissement de la prolifération des cellules progénitrices et une meilleure survie des neurones nouvellement formés. Plus encore : la survie de jeunes neurones encore immatures, nés dans l’hippocampe une à deux semaines plus tôt est également augmentée.

 

Si l’induction d’une plasticité synaptique artificielle favorise la neurogénèse, l’apprentissage lui-même induisant une plasticité synaptique, peut-être découvrira-t-on un jour qu’exercer régulièrement sa mémoire est bénéfique à la production de nouveaux neurones. S’il est pour l’instant trop tôt pour le certifier, reste que ces résultats ouvrent de nouvelles pistes dans le cadre de stratégies de thérapie cellulaire pour la réparation du cerveau par la manipulation pharmacologique ou environnementale des phénomènes de plasticité synaptique. Il s’agit maintenant de rechercher les mécanismes cellulaires et moléculaires qui permettent cette stimulation de la neurogenèse lors de l’occurrence de phénomènes de plasticité synaptique.

Références :
Bruel-Jungerman E., Davis S., Rampon C., Laroche S. (2006) Long-term potentiation enhances neurogenesis in the adult dentate gyrus. J. Neurosci., sous presse.

Contacts :
Chercheur
Serge Laroche
T 01 69 15 62 17
serge.laroche@ibaic.u-psud.fr

Presse
Isabelle Bauthian
T 01 44 96 46 06
isabelle.bauthian@cnrs-dir.fr

Dimanche, 4 juin 2006

Le CNRS au 2ème Salon européen de la recherche et de l’innovation

Le CNRS sera présent
au 2ème Salon européen de la recherche et de l’innovation
Du 8 au 11 juin 2006
Paris Expo Porte de Versailles

  • Sur le stand du CNRS, nous vous présenterons les nouveaux matériaux de la Maison du futur. Le prix de la valorisation de l’IN2P3 sera remis le 8 juin.
  • Sur le stand du ministère délégué à l’Enseignement supérieur et à la recherche, vous pourrez explorer la matière avec la lumière de SOLEIL Synchrotron
  • Le pôle “les rendez-vous de l’emploi” vous renseignera sur les métiers de la recherche publique à travers des ateliers interactifs.
  • De nombreuses conférences seront données par des chercheurs du CNRS pendant ces quatre journées.

Vous trouverez ici le dossier de presse dans son intégralité

Contacts :
Coordination des animations
Emilie Smondack
T 01 44 96 53 58
emilie.smondack@cnrs-dir.fr

Presse
Isabelle Bauthian
T 01 44 96 46 06
isabelle.bauthian@cnrs-dir.fr

Jeudi, 1 juin 2006

Un refroidissement bipolaire de la Terre ?

Paris, 1 juin 2006

Un refroidissement bipolaire de la Terre ?

L’analyse des sédiments déposés depuis 55 millions d’années, prélevés jusqu’à 430 m sous le plancher océanique en Arctique central durant la mission ACEX (1, 2) montreraient que le climat s’y est refroidi de manière synchrone avec l’expansion de glace au Groenland et à l’Est de l’Antarctique. Cette mission a été conduite par le consortium européen ECORD (3) administré par l’INSU-CNRS (4). Deux laboratoires du CNRS sont impliqués dans l’analyse des échantillons. Les résultats, publiés dans la revue Nature du jeudi 1er juin, suggèrent que le refroidissement global aurait été contrôlé principalement par les gaz à effet de serre.

L’océan Arctique influence fortement le climat global, par la glace de mer qui réfléchit fortement les rayons solaires et de par son rôle dans la formation d’eaux profondes froides et denses actionnant la circulation océanique globale. Mais son histoire n’est pas bien connue durant l’ère Cénozoïque, jusqu’à -65 millions d’années, par manque de mesures directes. Jusqu’à présent les meilleurs enregistrements paléoocéanographiques au centre de l’Arctique couvraient seulement la moitié du Pléistocène, de -500 000 ans à -200 000 ans. Ils avaient été obtenus par des forages d’une dizaine de mètres dans le plancher océanique.

 

Forer plus profond en Arctique constitue un défi technologique et humain relevé, en été 2004, par la mission ACEX (Arctic Coring EXpedition), dans le cadre du programme international de forages océaniques IODP (International Ocean Drilling Program). Cette mission, qui a coûté 12,5 millions de dollars, a été conduite par le consortium de 17 partenaires européens ECORD (European Consortium for Ocean Research Drilling), dont l’administrateur est l’INSU (Institut National des Sciences de l’Univers) du CNRS.

 

Dans un premier temps une étude des profils de réflexion sismique a permis d’identifier une ligne sur la ride océanique de Lomonosov où des couches sédimentaires datant de l’ère Cénozoïque recouvrent la croûte continentale. L’opérateur scientifique de forage ESO (ECORD Science Operator) a utilisé deux brise-glaces afin de permettre le travail du foreur « Vidar Viking ». Neuf dixièmes de la surface de la mer étaient constamment occupés par de la glace parfois épaisse de deux à trois mètres,  particulièrement dure et dense, suite à son accumulation durant plusieurs années. Malgré ces conditions difficiles, le Vidar Viking a pu être maintenu en position de forage durant 9 jours, au lieu des 2 jours initialement programmés. Quatre forages ont été effectués à différentes profondeurs allant jusqu’à 430 m sous le plancher de l’Océan Arctique, lui-même situé à 1 km sous la surface de la banquise. La combinaison de ces forages représente un enregistrement continu des sédiments déposés à l’ère du Cénozoïque.

 

Deux laboratoires du CNRS sont impliqués dans l’analyse des sédiments obtenus. Le CEREGE (Centre Européen de Recherche et d’Enseignement des Géosciences de l’Environnement), en collaboration avec l’Université de Rhode Island (USA), a contribué à établir un modèle d’âge des sédiments en fonction de la profondeur du forage. Pour ce faire, les inversions de la polarité de l’aimantation des sédiments ont été comparées à l’échelle de référence des inversions du champ magnétique de la Terre. Le laboratoire EPOC (Environnement et Paléoenvironnements océaniques) a participé avec l’USGS (United States Geological Survey) à la caractérisation des microfaunes marines de la partie la plus récente du forage (dernier million d’années).

 

L’analyse des sédiments obtenus par ces forages montre que le pôle Nord, aujourd’hui synonyme de glace et de froid, a connu un climat subtropical il y a 55 millions d’années. L’océan Arctique était vert et parsemé de plantes aquatiques flottantes en été. La température de l’océan Arctique a approché les 23°C lors d’un maximum thermique. Ces conditions sont caractéristiques d’un environnement où l’effet de serre est prédominant. Le climat en Arctique central s’est refroidi depuis le milieu de l’Eocène, avec l’apparition de glace de mer et d’icebergs qui dominent aujourd’hui cet environnement glaciaire. Ce refroidissement s’est effectué de manière synchrone avec l’expansion de glace au Groenland et à l’Est de l’Antarctique, ce qui suggère que la transition du climat de la Terre s’est effectuée de manière bipolaire. Une telle transition bipolaire signifierait que le refroidissement global aurait été contrôlé principalement par les gaz à effet de serre plutôt que par les changements induits par la tectonique des plaques.

Les forages ont été effectués sur la ride océanique Lemonosov en Arctique central.
© MODIS-NASA 2006

Sédiment prélevé par forage durant la mission ACEX.
© K. Couchon, IODP 2006

Notes :
(1) ACEX : Arctic Coring EXpedition
(2) Communiqué de presse CNRS du 27 juillet 2004 : Consulter le site web
(3) ECORD : European Consortium for Ocean Research Drilling
(4) INSU : Institut National des Sciences de l’Univers

Références :
Site de l’expédition : Consulter le site web
Dossier ECORD-IODP sur le site de l’INSU : Consulter le site web

Contacts :
Chercheurs
Jérôme Gattacceca, CEREGE
T 04 42 97 15 08
gattacceca@cerege.fr

Frédérique Eynaud, EPOC
T 05 40 00 33 19
f.eynaud@epoc.u-bordeaux1.fr

INSU
Guillaume Duveau
T 01 44 96 43 13
guillaume.duveau@cnrs-dir.fr

Presse
Isabelle Bauthian, CNRS
T 01 44 96 46 35
isabelle.bauthian@cnrs-dir.fr

Mercredi, 31 mai 2006

La composition de planètes extrasolaires, les Pégasides, étroitement liée à leurs étoiles parentes

Paris, 30 mai 2006 La composition de planètes extrasolaires, les Pégasides, étroitement liée à leurs étoiles parentes Une équipe internationale d’astronomes(1) conduite par un chercheur du laboratoire Cassiopée (CNRS, Observatoire de la Côte d’Azur) a étudié un certain type de planètes extrasolaires, les « Pégasides »(2). À partir de l’observation de 9 planètes extrasolaires, détectées par la méthode des transits(3), l’équipe montre que ces objets ont des taux d’éléments lourds qui sont corrélés avec la métallicité de leurs étoiles parentes. Les modèles de formation planétaire devront être modifiés pour prendre en compte cette nouvelle donnée. Ce résultat va être publié dans Astronomy and Astrophysics. La méthode d’observation des transits permet de détecter des planètes extrasolaires géantes, les « Pégasides », très proches de leurs étoiles parentes. Cette méthode permet également de déterminer la masse et le rayon de ces planètes extrasolaires, donc d’en déduire leurs densités et, grâce à des modèles, de connaître leurs structures internes. L’observation des neuf planètes extrasolaires détectées par la méthode des transits a montré que leurs masses sont comprises entre 110 et 430 masses terrestres et qu’elles ont des propriétés relativement homogènes. Elles possèdent un noyau central, allant d’une très petite masse jusqu’à une centaine de masses terrestres, qui est entouré d’une enveloppe d’hydrogène et d’hélium. Certains Pégasides contiennent également de grandes quantités d’éléments lourds. En comparant la teneur en éléments lourds avec la métallicité des étoiles parentes, les astronomes se sont aperçus qu’il y avait une très forte corrélation entre les deux. Les planètes possédant une faible teneur en métaux ont des noyaux petits et orbitent autour d’étoiles ayant également une faible teneur en métaux. Les planètes qui ont beaucoup de métaux, ont un noyau important et orbitent autour d’étoiles de haute métallicité. Ce couplage montre que la métallicité de l’étoile doit jouer un rôle important dans le mode de formation des planètes, ce qui, jusqu’à présent, n’était pas pris en compte dans les modèles de formation planétaire. L’échantillon étudié est relativement petit car la méthode de détection par transit ne permet pas de détecter facilement les Pégasides possédant un petit noyau. La mise en service au mois d’octobre du satellite Corot du CNES, dont l’un des objectifs est de détecter des planètes extrasolaires par l’observation de leurs transits, permettra très certainement d’avoir plus d’objets et donc de vérifier les hypothèses qui viennent d’être avancées. Corrélation de la métallicité entre les Pégasides et leurs étoiles parentes. © OCA Notes : 1) Tristan Guillot, Laboratoire Cassiopée (CNRS, Observatoire de la Côte d’Azur) ; Nuno C. Santos, Observatório Astronómico de Lisboa ; Frederic Pons, Observatoire de Genève ; Nicolas Iro, University of Florida ; Claudio Melo, European Southern Observatory ; Ignasi Ribas, Facultat de Ciencès de Catalunya. 2) Nom de la première planète extrasolaire, 51 Peg, observée avec la méthode des transits autour de l’étoile HD209458b et se situant dans la constellation de Pégase. 3) Observation du passage de la planète extrasolaire devant le disque de son étoile parente. L’occultation d’une partie du disque stellaire se traduit par une baisse de la luminosité de l’étoile observée. Références : Communiqué de presse de Astronomy and Astropysics : Consulter le site web Article de A&A : Consulter le site web Contacts : Chercheur Tristan Guillot T 04 92 00 30 47 Tristan.GUILLOT@obs-nice.fr INSU Philippe Chauvin T 01 44 96 43 36 philippe.chauvin@cnrs-dir.fr Presse Martine Hasler T 01 44 96 46 35 martine.hasler@cnrs-dir.fr

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